Loups : le nouveau plan va faciliter les possibilités de tirs | TF1 INFO

LCI - 23/02
[VIDÉO] Le gouvernement a finalisé son "plan national d'actions" pour traiter le sujet de la cohabitation entre le loup et les éleveurs.Celui-ci acte une modification dans la manière de les compter et permet aux éleveurs de se défendre plus facilement.À ce stade, 219 loups pourront être tirés en 2024, mais ce chiffre pourrait augmenter avec la nouvelle évaluation de la population attendue en mars. - Loups : le nouveau plan va faciliter les possibilités de tirs (Environnement) - TF1 INFO

Le gouvernement a finalisé son "plan national d'actions" pour traiter le sujet de la cohabitation entre le loup et les éleveurs.
Celui-ci acte une modification dans la manière de les compter et permet aux éleveurs de se défendre plus facilement.
À ce stade, 219 loups pourront être tirés en 2024, mais ce chiffre pourrait augmenter avec la nouvelle évaluation de la population attendue en mars.

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Trois arrêtés et un plan : voici ce qui doit permettre, selon le gouvernement, de traiter la question de la cohabitation entre les loups et les éleveurs de brebis et de moutons. Ceux-ci encadrent les dérogations permettant de viser des loups, espèce strictement protégée en Europe au titre de la Convention de Berne et de la directive Habitats, et les indemnisations prévues pour les agriculteurs dont les troupeaux ont été touchés par des attaques. 

Concrètement, les conditions de défense vont être facilitées. "Les préfets délivreront désormais, dès la première attaque, des autorisations de tirs de défense aux éleveurs victimes d’attaques", explique ainsi le cabinet de Marc Fesneau. Les agriculteurs pourront se doter de "matériel de vision nocturne, comme des jumelles thermiques" pour repérer l'animal. Les louvetiers – un peu plus de 1700 personnes assermentées en France -, eux, ne se verront plus imposer une obligation d'éclairage avant de viser une bête. Des décisions prises pour "répondre aux demandes de la profession agricole", précise l'entourage du ministre de l'Agriculture.

Le nombre de loups a doublé, les attaques, non

Que disent les chiffres ? La population de loups a doublé en France : estimée à 430 individus à l'issue de l'hiver 2017-2018, elle était de 1 104 l'an dernier. Mais la courbe des attaques, elle, n'a pas du tout suivi la même évolution : le nombre d'attaques sur des brebis et des moutons est passé de 11.080 en 2017 à 12.500 en 2021. 

D'où l'incompréhension des associations : pourquoi faciliter les tirs alors que les attaques n'ont pas augmenté ? "Augmenter les tirs risque même d'aggraver le problème en dispersant davantage les meutes, ce qui entraînera davantage d'attaques de loups solitaires", craint même Cédric Marteau, le directeur de la Ligue de protection des oiseaux.

Le gouvernement dit vouloir, par ce plan, "concilier protection de l'animal sauvage et sécurisation des éleveurs qui participent, via le pastoralisme, à maintenir les paysages, la biodiversité et les territoires", et rappelle "le traumatisme" subi par les éleveurs victimes d'attaques. "Notre objectif est de ne pas laisser un éleveur en détresse suite à une attaque et d’accorder plus rapidement une autorisation de tir de défense, en déployant des louvetiers sur le lieu de l’attaque sous 48h", dit-on encore au ministère de l'Agriculture. Des mesures spécifiques viseront les 200 élevages qui concentrent 50% des attaques.

Jusqu'à 21% de la population de loups tués en cas "d'année difficile"

Entre 2000 et 3000 autorisations de tirs sont données pour une durée de cinq ans, mais cela ne définit pas le nombre d'animaux effectivement éliminés. 

Mais la question que tout le monde se pose est la suivante : le nombre de loups tirés va-t-il changer ? À ce stade, la réglementation n'est pas modifiée : les éleveurs et les louvetiers peuvent tirer jusqu'à 19% de la population totale de loups, comme l'an dernier, et sous le contrôle du préfet référent qui veille au respect de ce seuil sur tout le territoire. Un seuil qui peut monter jusqu'à 21% en cas "d'année difficile" dans les élevages. L'an dernier, 207 loups ont ainsi été tués sur les 209 autorisés.

Mais si ce seuil reste le même, le nombre de loups tués pourrait tout de même changer cette année.  Car on ne connait pas encore le nombre total de loups pour l'année par l'Office français de la biodiversité (OFB). Celui-ci sera dévoilé avant le 31 mars. Problème, la méthode de comptage a évolué, et celle-ci est aussi critiquée par les associations qui jugent qu'elle va permettre de dénombrer un plus grand nombre de bêtes, et donc permettre d'en tuer davantage.  À ce stade, depuis le début de l'année, huit bêtes ont déjà été éliminées.

Indemnisations et chiens de troupeaux

Sur un autre sujet, le barème des indemnisations en cas d'attaque va être revu : +33% pour les ovins et +25% pour les caprins. La future loi sur l'orientation et l'avenir agricole prévoit aussi une évolution du statut des chiens de protection. "Cet article aura pour objet de sécuriser les éleveurs dans l'usage de leurs chiens de protection, notamment au regard de leur responsabilité pénale (…) mais aussi en ce qui concerne les troubles sonores (aboiements)", précise l'entourage de Marc Fesneau. La présence de ces chiens dans les villages, quand les bêtes des élevages ne sont plus en pâturage, crée des tensions entre voisins. 

Enfin, une enveloppe de 2,5 millions d'euros va être débloquée pour des expérimentations sur le terrain en matière de protection d...
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